« À mon âge, je mets tout sur le fonds euros. » Je l’entends souvent. C’est rassurant, mais rarement optimal : avec l’inflation, une épargne 100 % sécurisée peut perdre du pouvoir d’achat année après année.
Le bon dosage dépend de l’usage
La vraie question n’est pas l’âge, mais l’horizon de chaque poche d’épargne. L’argent dont vous aurez besoin à court terme : sécurisé, disponible. Celui que vous destinez à vos enfants dans dix ou quinze ans : il peut, lui, continuer à travailler.
À 70 ans, une partie de votre épargne a souvent un horizon plus long que vous ne le pensez — celui de vos héritiers.
Le cap des 70 ans en assurance-vie
C’est un seuil fiscal à connaître : les versements faits avant 70 ans bénéficient de l’abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, le régime change. Raison de plus pour structurer ses contrats à temps, plutôt que de tout figer.
Verser après 70 ans reste intéressant — on l’oublie trop souvent
Le régime change, mais il ne devient pas mauvais. Les versements faits après 70 ans conservent un abattement global de 30 500 € (partagé entre les bénéficiaires) — et surtout, tous les intérêts et gains produits par ces versements sont transmis totalement exonérés, quel que soit leur montant. Un contrat alimenté à 72 ans qui travaille quinze ans peut donc transmettre bien plus que les sommes versées, sans un euro de taxation sur les gains.
Après 70 ans, seuls les versements sont comptés — les intérêts, eux, passent en franchise totale.
Le contrat de capitalisation — se donner le choix
Cousin de l’assurance-vie, le contrat de capitalisation a une propriété qu’elle n’a pas : il se donne de son vivant. Souscrit pour vous-même, il peut ensuite être transmis — en pleine propriété ou en nue-propriété — à un enfant ou un petit-enfant, en utilisant les abattements de donation, tout en conservant l’antériorité fiscale du contrat. On peut aussi le souscrire directement à leur nom. L’idée n’est pas de tout décider aujourd’hui : c’est d’ouvrir le contrat pour avoir ce choix demain.
Et la dépendance ? La question qu’on remet toujours à plus tard
Le scénario que je vois trop souvent : la dépendance survient, rien n’a été prévu, et il faut vendre des actifs financiers — parfois la maison — pour financer l’établissement ou l’aide à domicile. Alors qu’une cotisation dépendance, prise à temps, aurait pu être financée par les seuls intérêts des placements — ou par une épargne simplement mieux rémunérée. C’est tout le lien entre rendement et protection : quelques dixièmes de pourcent de mieux sur votre épargne, et la prévoyance ne coûte plus rien à votre train de vie.
Contrat dépendance ou pas, la question mérite d’être posée avant — pendant qu’on a encore toutes les options sur la table.