Ce n’est pas l’État
La garantie repose sur l’engagement de l’assureur, pas sur celui de l’État. Elle vaut tant que la compagnie reste solvable.
Votre épargne dite « sécurisée » est, pour l’essentiel, de la dette d’États et de grandes entreprises. Personne ne vous l’a caché. On ne vous l’a simplement jamais montré.
Votre argent n’est pas dans un coffre. L’assureur le prête, principalement à des États et à de grandes entreprises. Voici comment se répartit, en moyenne, un fonds en euros.
| Ce que contient un fonds en euros | Part |
|---|---|
| Obligations : dette d’États et de grandes entreprises | 80 à 85 % |
| Immobilier, et une petite part en actions | 5 à 10 % |
| Liquidités et réserves | 2 à 5 % |
Sur un contrat en unités de compte, vous décidez. Sur le fonds en euros, l’allocation est fixée par l’assureur, et par lui seul. C’est le prix de la garantie : celui qui garantit veut maîtriser ce qu’il achète.
Reste la question honnête : si on vous avait montré cette répartition le jour de la signature, l’auriez-vous choisie telle quelle ?
La garantie repose sur l’engagement de l’assureur, pas sur celui de l’État. Elle vaut tant que la compagnie reste solvable.
En cas de défaillance, le fonds de garantie indemnise jusqu’à 70 000 € par client et par assureur. Au-delà, l’épargne est exposée.
En cas de menace grave, les retraits peuvent être suspendus : trois mois renouvelables, six au maximum. Jamais activée depuis 2016.
Chaque fois, le système a tenu. Chaque fois, il a fallu quelqu’un pour le tenir. Aucun épargnant français n’a rien perdu. C’est une vraie bonne nouvelle, et c’est exactement pour cela qu’il vaut mieux ne pas tout confier à une seule maison.
Le plafond de 70 000 € s’apprécie par assureur. Une suspension de retraits peut viser un organisme et pas un autre. Dans les deux cas, la conclusion est la même : tout avoir au même endroit, c’est concentrer un risque qu’il suffisait de diviser. C’est la précaution la moins chère qui existe, et celle que presque personne n’a prise, faute qu’on la lui ait proposée.
Regardez qui figure en tête de vos conditions générales. Ce n’est pas le nom de l’agence : c’est celui de l’assureur porteur, et c’est lui qui compte.
On croit avoir réparti, et l’on a parfois tout confié au même endroit sans le savoir.
Votre assureur doit vous informer chaque année. Si la vôtre reste muette, vous pouvez exiger le détail. Un simple courrier suffit.
Sources : réponses du ministère de l’Économie aux questions écrites de l’Assemblée nationale (n° 63006, 66320, 105392, 106099) et du Sénat (n° 09613) ; comptes publiés des assureurs concernés ; communiqués des autorités de supervision. Informations générales, à adapter à votre situation.
Vérifier chez qui est mon épargne