PRÉPARER LA RETRAITE

Le système des retraites : qui paie votre pension ?

Les cotisations des actifs d’aujourd’hui paient les pensions des retraités d’aujourd’hui. Votre retraite dépendra donc de ceux qui travailleront demain. Retour au parcours →

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L’essentiel en 30 secondes

1,7
cotisant pour un retraité aujourd’hui. Il y en avait 4 dans les années 1960.
Deux étages obligatoires : le régime de base et la complémentaire (Agirc-Arrco pour le privé, RAFP pour les fonctionnaires, Ircantec pour les contractuels). Une quarantaine de régimes au total.
Âge légal : 62 ans et 9 mois pour les générations 1964 et début 1965, 64 ans prévus à partir de 1969.
La pension remplace souvent entre 50 et 75 % du dernier revenu, moins pour les cadres et les indépendants.
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Où en est la situation

La France fonctionne par répartition : rien n’est mis de côté pour vous. Ce que vous cotisez part immédiatement payer les pensions en cours. Avec l’allongement de la vie et moins d’actifs par retraité, l’équilibre repose sur trois leviers : l’âge de départ, la durée de cotisation et le niveau des pensions.

L’étagePour quiComment il se calcule
Régime de baseSalariés du privé, indépendants (Assurance retraite)Moyenne des 25 meilleures années, × 50 % au taux plein, × trimestres validés / trimestres requis
ComplémentaireSalariés du privé (Agirc-Arrco), indépendants, professions libéralesDes points achetés chaque année avec vos cotisations, × la valeur du point au départ
FonctionnairesÉtat, collectivités, hôpitaux75 % du traitement des 6 derniers mois au taux plein, hors primes pour l’essentiel
Épargne retraiteTous, facultatifCe que vous avez vous-même placé : PER Retraite, assurance-vie, épargne salariale
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Moins d’actifs demain : la démographie

Pour que chaque génération remplace la précédente, il faut environ 2,1 enfants par femme. C’est le chiffre cible des économistes. La France en est loin, et l’écart se creuse : plus d’anciens, moins de naissances, donc moins d’actifs pour payer les pensions.

2,1
enfants par femme : le seuil de renouvellement
1,56
enfant par femme en 2025, le plus bas depuis 1918
645 000
naissances en 2025, pour 651 000 décès
22 %
de la population a 65 ans ou plus

Source : Insee, Bilan démographique 2025. Pour la première fois depuis 1945, la France compte plus de décès que de naissances.

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Alors, où va-t-on ?

Vers un système mixte : la répartition reste le socle, et la capitalisation s’y ajoute. Elle existe déjà. Le PER Retraite, où l’État prend en charge une partie de l’effort par la déduction d’impôt, est bien un système de retraite. Il est à prendre.

Prenez date.
En règle générale, une réforme s’applique aux nouveaux contrats : ceux ouverts aujourd’hui conservent leur cadre et leurs avantages fiscaux. Les prochains seront-ils mieux, ou pires ? Personne ne peut le garantir. Prenez date !
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Le bon point de départ

Année de naissanceÂge légal de départ
1964 et janvier-mars 196562 ans et 9 mois
Avril-décembre 196563 ans
1966 à 19683 mois plus tôt que prévu par la réforme de 2023
À partir de 196964 ans, sauf nouvelle loi
TousTaux plein automatique à 67 ans

Suspension de la réforme de 2023 (LFSS 2026, article 105) pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026, jusqu’au 1er janvier 2028. Hors carrières longues et catégories actives. À vérifier sur votre relevé info-retraite.fr.

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Regarder au-delà du nom

« Taux plein » ne veut pas dire « plein salaire ». Au régime général, le taux plein, c’est 50 % de la moyenne de vos 25 meilleures années, plafonnée au plafond de la Sécurité sociale. Tout ce que vous gagnez au-dessus ne compte que pour la complémentaire. Plus votre revenu est élevé, plus l’écart avec votre dernier salaire est grand.

Le vrai chiffre à connaître : votre écart mensuel.
La différence entre votre revenu d’aujourd’hui et votre future pension. C’est lui qu’il faut combler, et chaque année d’attente le rend plus coûteux à rattraper.
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Au-dessus du régime de base : les caisses complémentaires

Le régime de base ne s’arrête pas là. Selon votre statut, une ou plusieurs caisses complémentaires s’ajoutent, chacune avec ses règles. La France compte une quarantaine de régimes de retraite obligatoires. C’est souvent la complémentaire qui fait la différence, surtout au-dessus du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € par an en 2026).

Votre statutRégime de baseComplémentaireTaux de cotisation retraite complémentaire
Salarié du privéAssurance retraite (CNAV)Agirc-Arrco7,87 % jusqu’au plafond, 21,59 % de 1 à 8 plafonds, + contribution d’équilibre (2,15 % / 2,70 %)
Fonctionnaire (État, territorial, hospitalier)SRE ou CNRACL : 75 % du traitement des 6 derniers mois, hors primesRAFP, sur les primes10 % (5 % agent + 5 % employeur), primes retenues dans la limite de 20 % du traitement
Contractuel de la fonction publiqueAssurance retraite (CNAV)Ircantec7 % jusqu’au plafond, 19,50 % au-delà
Artisan, commerçantAssurance retraite (ex-SSI)RCI7 %, puis 8 % sur la part la plus haute du revenu
Profession libéraleCNAVPLCaisse de votre profession (CIPAV, CARMF, CARPIMKO…)Selon la caisse, souvent par classes de cotisation

Base + complémentaire : combien touche-t-on vraiment ?

Tous régimes réunis, base et complémentaire, la pension remplace en général entre 50 % et 75 % du dernier revenu net pour une carrière complète. Le taux baisse quand le salaire monte, quand la carrière est incomplète, et d’une génération à l’autre.

Profil, carrière complèteTaux de remplacement net
Salarié non-cadre du privé, né en 1963environ 74 % au taux plein
Cadre du privé, né en 1963environ 52 % au taux plein, 59 % en partant 5 ans plus tard
Fonctionnairetrès variable : plus les primes pèsent, plus le taux baisse
Indépendant, profession libéraleen général plus bas que les salariés
Carrière incomplètedécote : chaque trimestre manquant réduit la pension

Sources : Conseil d’orientation des retraites, rapport de juin 2025 (cas types, départ au taux plein) ; Drees. Taux médian constaté des retraités à carrière complète : environ 75 %, avec 10 % sous 53 % et 10 % au-dessus de 92 %.

Fonction publique : attention aux primes.
La pension de base ignore l’essentiel des primes. Pour un fonctionnaire dont les primes pèsent lourd, l’écart avec le dernier revenu peut être important, et le RAFP ne le comble qu’en partie.

Taux 2026 part salariale et part employeur réunies, donnés à titre indicatif. À vérifier sur votre relevé info-retraite.fr et auprès de votre caisse.

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Une pension qui ne suit pas l’inflation

Si la future pension ne progresse pas au rythme des prix, le pouvoir d’achat baisse forcément, année après année. Avec 2 % d’inflation par an, 1 000 € de pension ne valent plus qu’environ 670 € au bout de 20 ans.

1000 €
Départ
906 €
+5 ans
820 €
+10 ans
743 €
+15 ans
673 €
+20 ans
610 €
+25 ans

Pouvoir d’achat de 1 000 € de pension non revalorisée, avec 2 % d’inflation par an. Illustration.

La conséquence est concrète : il faut puiser dans l’épargne, renoncer à des dépenses, ou compter sur ses proches. Et ce moment arrive justement quand les besoins augmentent.

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Au bout du bout : la dépendance

Aurez-vous assez de revenus pour choisir un établissement correct, ou devrez-vous prendre ce qui reste ? En 2024, le prix moyen d’une chambre seule en EHPAD est de 2 164 € par mois en chambre habilitée à l’aide sociale, et de 3 128 € par mois hors aide sociale. Ces prix augmentent plus vite que l’inflation.

La vraie question.
Votre pension, une fois l’inflation passée, couvrira-t-elle 2 000 à 3 000 € par mois ? Sinon, le choix de l’établissement ne sera plus le vôtre. Préparer la dépendance →

Source : CNSA, prix des EHPAD en 2024 (prix de référence mensuel moyen, chambre seule, hébergement permanent, avant aides).

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Les possibilités

Racheter des trimestres, prolonger ou cumuler emploi-retraite, et surtout épargner : un PER Retraite (l’État participe via la déduction d’impôt), une assurance-vie, l’épargne salariale de l’entreprise.

Le PER Retraite · Retraite et décès · Retraite des fonctionnaires · 10 000 € sur 10, 15, 20 ans

La question qui reste

Combien vous manquera-t-il chaque mois, et à partir de quand ? On lit ensemble votre relevé de carrière, on chiffre l’écart et l’effort pour le combler.

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